Petit lexique des armes à feu militaires légères

Petit lexique des armes à feu militaires légères

(c'est-à-dire portées et servies par un seul homme)

Page modifiée le 13 avril 2022.



A l'usage de ceux qui n'ont pas servi dans l'armée, et des béotiens en la matière

(dont certains journalistes, qui parlent d'armes lourdes pour désigner des armes d'épaule, de revolvers pour désigner des pistolets ou l'inverse, de pistolets automatiques pour désigner des pistolets semi-automatiques, de mitraillettes pour désigner des pistolets-mitrailleurs, de fusils-mitrailleurs pour désigner des fusils d'assaut, de mitrailleuses pour désigner des fusils-mitrailleurs, de lance-missiles pour désigner des lance-roquettes, etc.).


Source des illustrations, sauf indication autre : L'armement réglementaire français à travers les âges, site de Frédéric Delvolte (2003).



Balle : projectile d'un diamètre inférieur à 20 mm (à partir duquel on parle d'obus).


Balle à blanc : expression impropre pour désigner une cartouche d'exercice, qui ne comporte justement pas de balle ! On devrait donc plutôt parler de cartouche à blanc.


Cartouche (à balle) : comprend le projectile, l'étui (ou « douille ») contenant la charge de poudre et l'amorce insérée dans le culot.


Douille : en principe, étui pour un projectile d'un diamètre supérieur à 20 mm (obus).


Calibre : par exemple, 8 x 27 mm ; c'est le diamètre du projectile et la longueur de l'étui.


Puissance d'une balle : elle dépend non seulement de sa masse, mais aussi de sa vitesse. Pour prendre l'exemple de trois calibres mentionnés ci-dessous, une balle de pistolet de 9 mm (étui de 19 mm), dont la vitesse initiale est d'environ 350 m/s, dégage une énergie d'environ 500 joules ; une balle de fusil de 5,56 mm (étui de 45 mm), dont la vitesse initiale est de plus de 900 m/s, dégage une énergie d'environ 1800 joules ; une balle de fusil de 7,5 mm (étui de 54 mm), dont la vitesse initiale est de plus de 800 m/s, dégage une énergie d'environ 3000 joules.


Pouvoir vulnérant d'une balle : capacité d'occasionner des dommages corporels ; en sus de l'énergie dégagée, ce pouvoir dépend du type, de la forme et de la structure du projectile (par exemple, une balle à tête creuse, dite expansive, dont la pointe s'ouvre et s'élargit au choc, a un pouvoir vulnérant plus important qu'une balle blindée plus perforante).


Pouvoir d'arrêt d'une balle : capacité de mettre un adversaire hors de combat au premier impact ; ce pouvoir résulte de la combinaison du pouvoir vulnérant et de la localisation de l'impact.


Portée pratique : distance à laquelle on peut espérer toucher un adversaire qu'on vise sans lunette de visée. Par exemple, si une balle de pistolet semi-automatique de 9 x 19 mm a une portée maximale d'environ 1700 mètres, on a une bonne chance d'atteindre une cible humaine jusqu'à seulement environ 50 mètres et même deux fois moins si celle-ci est en mouvement.


Cadence de tir pratique : avec une arme à répétition, elle varie selon la dextérité du tireur ; avec une arme automatique, elle varie en fonction de la durée du tir ; ainsi, la cadence de tir d'un fusil-mitrailleur MAC 24/29, qui est de 450 cps/mn, tombe à 200 coups après les premières rafales, comme celle d'un pistolet-mitrailleur MAT 49, qui est de 600 cps/mn au départ.


Chargeur : à la différence du barillet (revolver) ou du magasin (pistolet ou fusil), parties intégrantes de l'arme, le chargeur (lame ou boîtier) contenant les cartouches, est amovible.


Percuteur : élément qui frappe l'amorce de la cartouche afin de la faire détoner et d'enflammer la poudre contenue dans l'étui. Sur un revolver, il s'agit du chien, que l'on qualifie de marteau sur un pistolet, où il est dissocié du percuteur proprement dit, pièce interne (voir les illustrations ci-dessous).


Chambre : partie du pistolet ou du fusil entre le percuteur et le canon, où une cartouche est introduite soit manuellement, soit automatiquement depuis le chargeur.


Gâchette : pièce interne, intermédiaire entre la détente et le percuteur, qui permet de retenir ce dernier. Par conséquent, le tireur appuie, non sur la gâchette ni même sur la détente dans son ensemble, mais seulement sur la queue de détente, protégée par le pontet.

Source : Site officiel de l'Union française des amateurs d'armes.

Double action : la pression sur la queue de détente d'un revolver ou d'un pistolet déclenche à la fois l'armement et le tir ; cette pression doit être au moins trois fois plus forte qu'en simple action où il faut armer manuellement.


Revolver : arme de poing comportant un barillet qui tourne sur lui-même (de l'anglais to revolve, « tourner », issu du latin revolvere, « faire rouler en arrière ») et n'éjecte pas les étuis vides des cartouches percutées. Exemple : revolver français 8 x 27 mm en service dans l'armée à partir de 1892. Fonctionne en simple action (le chien doit être tiré manuellement à chaque coup) ou en double action (la pression plus forte sur la queue de détente à la course plus longue entraîne une moins grande précision).


Pistolet semi-automatique : arme de poing, appelée improprement « pistolet automatique », qui, une fois armée, tire au coup par coup sans nécessité de réarmer à chaque coup comme avec une arme à répétition simple. Exemple : pistolet français MAC 50 9 x 19 mm en service dans l'armée à partir de 1953. Fonctionne seulement en simple action (au premier coup, la pression sur la queue de détente n'entraîne pas l'armement, lequel est ensuite enclenché par le recul de la culasse mobile ou « glissière »).


Fonctionnement : Exemple (illustré ci-dessous) du célèbre Luger P08 Parabellum, en service dans l’armée allemande durant les deux guerres mondiales, et encore employé dans les films actuels. Il utilise l’énergie mécanique fournie par le recul de la partie mobile, qui se compose du canon et de la culasse avec son système de verrouillage caractéristique à l’arrière : la fameuse et typique genouillère, tandis que la partie fixe comprend le système de détente et la poignée contenant le ressort récupérateur et le chargeur de huit cartouches de 9 x 19 mm. La partie mobile coulisse sur des glissières dans la partie fixe. Au départ du coup sous l’action de la détente (qui, par l’intermédiaire de la gâchette, propulse le percuteur sur l’amorce de la cartouche engagée dans la chambre), la partie mobile effectue un mouvement de recul. Les gros boutons de la genouillère sont alors levés par les « coursiers », ce qui déverrouille la culasse : l’extracteur éjecte l’étui utilisé au-dessus de celle-ci. Dans le même temps, la partie mobile est rejetée vers l’avant par le ressort récupérateur, lequel pousse une nouvelle cartouche dans la chambre. Lorsque le chargeur est vide, la genouillère reste relevée et le verrou ouvert.


Différences principales entre revolver et pistolet semi-automatique :

critères revolver pistolet
mécanisme simple plus complexe
type chargement barillet chargeur
vitesse chargement lente rapide
nombre munitions 5 ou 6 8 à 20
type munitions puissance indifférente puissance adaptée
risque enrayage nul possible
cartouche défectueuse juste pression sur queue détente manoeuvre glissière pour éjecter
vitesse tir ralentie par manoeuvre chien
ou double action à chaque coup
non ralentie
perte puissance oui, entre barillet et canon non
éjection étuis non oui
entretien réduit important


Pistolet automatique, dit pistolet-mitrailleur : arme, vulgairement appelée « mitraillette », pouvant être, selon le modèle, employée avec une ou deux mains (mais relativement courte), qui, une fois armée, peut tirer soit au coup par coup, soit (parfois uniquement) par rafales. Exemple : P.-M. français MAT 49 9 x 19 mm en service dans l'armée à partir de 1950 (ici, 3e version simplifiée, à partir de 1967 ; mon arme de service lors de mon service militaire en 1978), lequel, tenu à deux mains, ne tire qu'en rafales non limitées par un sélecteur. (Voir note en bas de page.)


Sûreté et sécurité : on distingue les dispositifs de sûreté et ceux de sécurité : alors que les premiers nécessitent une action de la part du tireur, soit volontaire (par exemple, sur un levier), soit involontaire (par exemple, sur une manette à l'arrière de la poignée d'un pistolet), les seconds n'entrent en jeu que durant le fonctionnement de l'arme à l'insu du tireur (entrave du système de percussion tant que la culasse n'est pas verrouillée ou fermée si elle n'est pas calée, comme sur le P.-M. MAT 49).


Fusil à répétition : arme d'épaule, qui tire au coup par coup et doit être réarmée à chaque coup. Exemple : F.R. français MAS 36 7,5 x 54 mm en service dans l'armée à partir de 1936 (ici, 2e version, à partir de 1945).


Fusil haute précision : le fusil à répétition, de conception ancienne, est encore utilisé dans l'armée en version haute précision, où, lors du tir, l'arme ne doit pas être ébranlée par l'extraction et l'éjection automatique de l'étui vide percuté. Exemple : F.R. français MAS 36 F1 7,5 x 54 mm en service dans l'armée à partir de 1966.


Fusil semi-automatique : arme d'épaule, qui tire au coup par coup sans nécessité de réarmer à chaque coup. Exemple : F.S.-A. français MAS 49/56 7,5 x 54 mm en service dans l'armée à partir de 1950 (ici, avec lance-grenades, à partir de 1956).


Fusil automatique, dit fusil-mitrailleur : arme collective légère du groupe élémentaire de combat (un tireur, un pourvoyeur éventuel), qui, une fois armée, peut tirer soit au coup par coup, soit (parfois uniquement) par rafales. Le F.-M. se distingue de la mitrailleuse, car il est alimenté, non par une bande de cartouches, mais par un chargeur, et, muni d'une crosse de fusil, il repose, non sur un trépied permettant un mouvement demi-circulaire, mais sur un bipied (voir l'exemple de la mitrailleuse sMG 42 Lafette allemande). Le F.-M. se distingue également du fusil d'assaut (voir ci-dessous), car c'est une arme au moins deux fois plus lourde, dite d'appui. Exemple : F.-M. français MAC 24/29 7,5 x 54 mm en service dans l'armée à partir de 1930 (avec la cartouche 1929 C), lequel dispose de deux queues de détente : l'une pour le tir coup par coup, l'autre pour le tir en rafales non limitées par un sélecteur.


Fusil automatique, dit fusil d'assaut : arme individuelle, qui tire au coup par coup, ou par rafales limitées à quelques coups par un sélecteur, ou par rafales non limitées. Dans le groupe élémentaire de combat, le fusil d'assaut remplace le pistolet-mitrailleur, le fusil semi-automatique et le fusil-mitrailleur jusqu'à 300 mètres. Exemple : fusil d'assaut allemand HK 416 F calibre OTAN 5,56 x 45 mm en service dans l'armée française à partir de 2017.

Source : Photo du magazine L'Express.

Lance-grenades à fusil : dispositif placé ou intégré au bout d'un fusil et permettant, au moyen d'une cartouche spéciale (dite « feuillette »), de projeter, en tir tendu, une grenade antichars (perforante), ou, en tir courbe, une grenade antipersonnel (explosive).


Lance-roquettes antichars d'infanterie : tube portatif permettant de projeter une roquette, c'est-à-dire un projectile autopropulsé, mais non télé ou autoguidé comme un missile. Exemple : L.R.A.C. français de 89 mm en service dans l'armée à partir de 1975.


N.B. A l'exception du fusil d'assaut HK 416 F, toutes les armes illustrées ci-dessus ne sont plus en service dans l'armée française actuelle ; sauf le revolver 1892 et le fusil-mitrailleur 1924, elles étaient encore en service (le MAS 36 uniquement pour les exercices sans tir) en 1978/1979 au moment de mon service militaire et ont été utilisées, entre autres, par le 2e régiment étranger de parachutistes à Kolwezi en mai 1978.

Après mes « classes », j'ai été nommé journaliste régimentaire, mais j'ai également fait fonction de chef de groupe de combat sur engin blindé AMX 10 P d'accompagnement des chars AMX 30. Dans ce cadre, j'ai suivi un entraînement militaire régulier : si j'ai été instruit au maniement des armes légères en dotation à l'époque, si j'ai notamment tiré au fusil semi-automatique, lancé des grenades à main offensives et défensives ainsi que des grenades à fusil, mon arme de service était le pistolet-mitrailleur MAT 49 (voir ci-dessus), que j'ai appris à démonter et à remonter, parfois à l'aveugle, le plus vite possible, parmi un mélange de pièces (exercice appelé « salade d'armes » !), et avec lequel j'ai souvent tiré des cartouches à balle sur le pas de tir et des cartouches à blanc en manoeuvre. Le P.-M. MAT 49 est une arme simple, robuste, fiable et peu encombrante, destinée au combat rapproché. On peut l’utiliser selon les trois modes de tir : au posé, c’est-à-dire dans la position du tireur couché avec la crosse dépliée en entier à l’épaule ; au jeté, c’est-à-dire debout avec la crosse à demi dépliée à l’épaule ; au jugé, c’est-à-dire debout avec la crosse à demi dépliée (afin de presser la manette de sûreté de poignée) à la hanche (tir instinctif). Seul le premier mode permet vraiment de se servir de l’œilleton basculant à deux positions (100/200 mètres), mais, à mon humble avis, je réduirai les portées pratiques données par le manuel de moitié : tir au posé, 100 mètres ; tir au jeté, 50 mètres ; tir au jugé, 25 mètres. En effet, d’après ma modeste expérience, cette arme s'avère peu précise au-delà de quelques dizaines de mètres, même si on la tient fermement sans l’agiter de droite et de gauche comme dans les films (ce qui disperserait encore davantage les projectiles) et si l’on vise un peu plus bas que la cible en vue de compenser la légère élévation du canon durant le tir.

Voici les caractéristiques principales des armes françaises susmentionnées :

type et modèle Revolver modèle 1892 Pistolet MAC 50 P.-M. MAT 49 F.R. MAS 36 (F1 haute précision) F.S-A. MAS 49/56 F.-M. MAC 24/29
mise en service effectif 1892 1953 1950 1936 (F1, 1966) 1950 1930
poids non chargé 840 g 860 g 3,5 kg 3,7 kg (F1, 5 kg avec lunette + bipied) 4 kg 9 kg
longueur totale 240 mm 195 mm 720 mm (460 mm crosse repliée) 1020 mm (F1, 1140 mm) 1020 mm 1080 mm
longueur du canon 117 mm 111 mm 230 mm 580 mm (F1, 600 mm) 520 mm 500 mm
calibre 8 x 27 mm 9 x 19 mm 9 x 19 mm 7,5 x 54 mm 7,5 x 54 mm 7,5 x 54 mm
vitesse initiale de la balle env. 225 m/s env. 315 m/s env. 360 m/s env. 840 m/s env. 840 m/s env. 820 m/s
portée pratique env. 50 m env. 50 m env. 100 m env. 500 m (F1, 800 m avec lunette) env. 400 m env. 600 m
cadence de tir 12 à 18 cps/mn 18 à 24 cps/mn max. 600 cps/mn 10 à 15 cps/mn 25 à 30 cps/mn max. 450 cps/mn
alimentation barillet 6 coups chargeur 9 coups + 1 chambre chargeur 32 coups chargeur 5 coups (F1, 10 coups) chargeur 10 coups chargeur 25 coups

type et modèle F.A. HK 416 F-S L.R.A.C. (lance-roquettes antichars) 89
mise en service effectif 2017 1975
poids non chargé 4 kg 5,5 kg (8,7 kg avec la munition)
longueur totale 930 mm (830 mm crosse repliée) 1600 mm (avec la munition)
longueur du canon 370 mm (14,5 pouces) 1170 mm (sans la munition)
calibre 5,56 x 45 mm OTAN (223 Remington) 89 mm
vitesse initiale du projectile env. 900 m/s env. 300 m/s
portée pratique env. 300 m env. 500 m sur cible fixe (300 m sur cible mobile)
cadence de tir max. 900 cps/mn 3 à 4 cps/mn
alimentation chargeur droit 20 coups ou courbe 30 coups tube pour 100 coups
particularités Par rapport au FAMAS : plus simple, plus facile à entretenir,
plus fiable (ni encrassement ni échauffement de la culasse), plus précis,
plus d'équipements possibles...
perfore 40 cm de blindage ou 100 cm de béton




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Table générale des matières.


Alain Cerri : E-mail.


compteur

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