Mon régiment, les cuirassiers et la cavalerie impériale

Mon régiment, les cuirassiers et la cavalerie impériale




Mon ancien régiment : le 12e cuir

Les cuirassiers dans la Grande Armée

La cavalerie impériale




Mon ancien régiment : le 12e cuir



Alain Cerri dans les forces françaises en Allemagne - Alain Cerri in the French forces in Germany (« Sambre et Meuse » sur Youtube, marche française jouée par des soldats allemands en l'honneur des soldats français, défenseurs du monde libre à Berlin durant la Guerre froide - French march played by German soldiers to honor the French soldiers, defenders of the Free World in Berlin during the Cold War).



Cuirassier Cerri et son cheval.



D'octobre 1978 à octobre 1979, j'ai effectué mon service national au sein du 12e régiment de cuirassiers, l'un des deux régiments de chars de bataille de la 3e division blindée du 2e corps d'armée des Forces françaises en Allemagne.

Après mes « classes », j'ai été nommé responsable du journal régimentaire (rédaction et mise en pages). Dans ce cadre, j'ai réalisé différents reportages (dont un à Berlin) et j'ai aussi écrit des articles pour la revue divisionnaire. Toutefois, en tant que chef d'équipe « choc » sur engin blindé AMX 10 P d'accompagnement des chars, j'ai suivi un entraînement militaire régulier et j'ai participé à plusieurs manoeuvres...



In periculo ludunt.



Ils se jouent du danger.

Garde-à-vous pour la charge !
Sabre à la main !
Au trot !
Marche !!!

La marche des cuirassiers (sonneries des trompettes) sur Youtube

La bataille d'Eylau avec la charge des cuirassiers sur Youtube



Chant Les cuirassiers :

Au milieu de la bataille,
Sur les étriers de leurs grands chevaux,
Grisés par le sang, la mitraille,
Les cuirassiers chargent au galop.
C’est la charge, c’est la foudre,
C’est l’assaut dans le sang et dans la poudre.
L’ennemi s’enfuit, l’épée dans les reins,
Laissant tous ses morts sur le terrain.

Les cuirassiers sur les étriers
De leurs grands chevaux,
Pour mieux boire à la victoire,
Remettent vivement les sabres au fourreau.



Le 12e régiment de cavalerie (« Dauphin-cavalerie », l'un des plus anciens régiments de France) a reçu la cuirasse complète de sept kilos en 1803 lorsque Napoléon Bonaparte a constitué les douze premiers régiments de cuirassiers (avec le bandeau en peau d'ours des soldats d'élite). Depuis cette époque, le 12e cuir n'a cessé de s'illustrer sur les champs de bataille. Dans la grosse cavalerie de la Grande Armée, il a chargé avec succès entre autres à Austerlitz, à Iéna, à la Moskowa... Plus tard, à Solferino... Au cours de la Grande Guerre, sur l'Avre, sur l'Yser, à Saint-Mihiel... A la fin de la Seconde Guerre mondiale (les chars ayant remplacé les chevaux), à Paris, puis à Strasbourg... Le 12e cuir appartenait alors à la fameuse 2e D.B. du général Leclerc. La prestigieuse grande unité n'ayant pas encore été reformée au moment de mon service militaire, le 12e en maintenait cependant les traditions (chants, cérémonies...) au sein d'une autre formation. Ainsi, avec un camarade photographe, ai-je été choisi pour représenter le régiment lors du 35e anniversaire de la 2e D.B. à Paris...



Historique du 12e régiment de cuirassiers "Dauphin-cavalerie"




Les cuirassiers dans la Grande Armée




Colonel (à pied) et cuirassier (à cheval).

(Musée de l'Empéri)



[...] la bravoure personnelle, la fermeté de caractère n'offrent point prise à l'hypocrisie. Comment un homme peut-il être hypocrite en se lançant contre le mur d'un cimetière de campagne bien crénelé et défendu par deux cents hommes ?


Stendhal, Lamiel, chapitre septième (La Pléiade, p. 946).



Sous l'Ancien Régime, depuis la fin du XVIIe s., il n'existait plus qu'un seul régiment de cuirassiers : le 8e de cavalerie, dit « des cuirassiers du roi ». C'est Napoléon Bonaparte qui, en 1802, décida de doter de nouveau certains régiments de grosse cavalerie de la cuirasse complète. L'année suivante, douze régiments de cuirassiers furent créés et prirent rapidement la marque des soldats d'élite depuis Louis XIV : la peau d'ours, non pas en bonnet comme pour les carabiniers ou les grenadiers de la Garde, mais en bandeau autour du casque... Pour être admis au sein de ces troupes d'élite, il fallait remplir des conditions particulières : entre autres, mesurer au moins 1,73 m ; avoir fait trois campagnes, etc. En 1809, grandes nouveautés : furent formés deux autres régiments de cuirassiers, auxquels s'ajoutèrent les deux régiments de carabiniers, élite de l'élite, désormais pourvus d'une magnifique cuirasse cuivrée et d'un étincelant casque de cuivre surmonté d'une chenille de crin rouge ! Surtout, chez tous les cavaliers, l'habit à la française fut remplacé par un habit-veste plus fonctionnel, à basques très courtes, blanc et bleu ciel à parements rouges ou bleus pour les carabiniers, bleu foncé à parements de différentes couleurs selon les régiments pour les cuirassiers. Seuls les trompettes, par respect d'une très vieille tradition, ne portaient pas de cuirasse, mais une sorte de dolman abondamment garni de brandebourgs et agréments en galon de la livrée de l'Empereur.


Comme leur nom le suggère, les cuirassiers, grands gaillards juchés sur de puissants chevaux, bottés et bardés de cuir, étaient protégés par une cuirasse (modèle 1804 amélioré 1807, puis 1812) formée d'un plastron (avant) et d'une dossière (arrière) en tôle de 2,8 mm d'épaisseur, attachés à la taille et reliés aux épaules par des bretelles de cuir recouvertes d'écailles de laiton et garnis de soixante-huit boutons également en laiton. Pesant environ sept kilos, elle était doublée d'une matelassure rembourrée de crin. Si elle assurait une assez bonne protection contre les coups de sabre ou de baïonnette et même contre les éclats ou la mitraille, elle n'était toutefois pas très efficace contre une balle de fusil tirée à moins de quarante mètres. Les cuirassiers portaient aussi un fort casque métallique (avec visière, couvre-nuque, protège-joues et mentonnière) surmonté d'un cimier, d'un plumet et prolongé par une crinière (le tout pour en imposer à l'adversaire !).

L'arme offensive de base du cuirassier était le sabre droit de grosse cavalerie (modèle an IX) appelé vulgairement « latte », car long (lame de 98 cm), large et assez lourd : davantage destiné à frapper ou à piquer qu'à croiser. Afin de se défendre contre les armes à feu, le cuirassier était également doté de deux pistolets d'arçon (modèle an IX, puis an XIII, calibre 17 mm, env. 35 cm) et même, lors de la campagne de Russie (où il pouvait se trouver isolé en rase campagne), d'un mousqueton (modèle an IX, calibre 17,5 mm, env. 1,10 m).


Normalement voués à la charge massive et brutale (soit en rupture d'infanterie, soit en contre-attaque de cavalerie), les régiments de cuirassiers (articulés en quatre ou, de 1806 à 1809, cinq escadrons de cent à deux cents cavaliers répartis en compagnies et pelotons) étaient groupés par trois, puis par deux, en brigades. Deux brigades, avec une batterie à cheval (une pièce par régiment), constituaient une division. Les divisions de grosse cavalerie (carabiniers et cuirassiers), dont le nombre varia de deux à quatre, formaient la cavalerie de réserve que l'Empereur pouvait lancer presque en bloc, comme à Eylau, pour faire la décision au terme d'une bataille indécise...

Citons ce dernier : Les carabiniers et les cuirassiers sont seuls en mesure de créer l'événement par l'action de choc massive et brutale. Les cuirassiers sont plus utiles que toute autre cavalerie [...] Leurs charges sont bonnes également au commencement, au milieu et à la fin d'une bataille [...] sur les flancs d'une infanterie engagée de front [...] ou pour soutenir la cavalerie légère et la cavalerie de ligne.

Notons à ce point que, contrairement à ce qu'on voit dans le film Le colonel Chabert, les charges de cavalerie étaient plutôt lentes et s'effectuaient au trot (le galop n'étant pris que pour les cent à deux cents derniers mètres) : il fallait en effet à la fois garder un certain alignement pour accroître la violence du choc final et ménager les chevaux qui devaient pouvoir charger jusqu'à dix ou quinze fois ( ! ) dans un long mouvement de flux et de reflux. Montures et cavaliers, chargeant un front de troupes, devaient tout d'abord essuyer le tir de l'artillerie (à boulets à partir de huit cents mètres, puis à mitraille en deçà de quatre cents mètres), ensuite affronter la fusillade de l'infanterie (en deçà de cent mètres) et, en évitant leurs compagnons culbutés, se jeter contre son mur de baïonnettes ! Enfin, en théorie, car, en pratique, les chevaux refusaient de venir s'empaler sur ces dernières et, pour disloquer un carré, il fallait coordonner les attaques de cavalerie avec les tirs à mitraille de l'artillerie à cheval et les feux précis des tirailleurs. Les centaures sabraient alors les fantassins ennemis à coups répétés. S'ils ne réussissaient pas à percer, ils se repliaient sur les ailes pour reformer leurs escadrons qui repartaient à la charge dans les hurlements et les sonneries de trompettes...




Plastron d'officier de cuirassiers traversé par un boulet.



Les cuirassiers s'illustrèrent sur la plupart des champs de bataille de l'épopée napoléonienne. Mentionnons quelques actions d'éclat, notamment au cours des batailles inscrites sur l'étendard du 12e cuir.

En 1805, à Austerlitz, les cuirassiers, par trois charges successives, enfoncèrent et disloquèrent les forces du prince de Liechtenstein (Autriche) avant de contre-attaquer et de culbuter, avec les grenadiers à cheval de la Garde, la grosse cavalerie russe, réputée la meilleure d'Europe.

En 1806, à Iéna, la cavalerie de réserve, commandée par Murat, transforma la retraite des Prussiens en une fuite éperdue...

En 1807, à Eylau, alors que la bataille, entre une armée impériale éloignée de ses bases et un adversaire russe plus nombreux, demeurait indécise, l'Empereur (Murat, nous laisseras-tu dévorer par ces gens-là ?) lança toute sa cavalerie disponible (soit une cinquantaine d'escadrons, dont les cuirassiers d'Hautpoul) dans la boue glacée et la neige fondue en plein brouillard ! La charge, très coûteuse, fut néanmoins irrésistible...

La même année, à Friedland, les cuirassiers de Nansouty, dont certains régiments chargèrent plus de quinze fois ( ! ), causèrent à l'ennemi des pertes terribles...

En 1809, à Eckmühl, chargeant sans relâche jusqu'à la nuit, les cuirassiers mirent l'armée adverse en déroute et la poursuivirent au clair de lune. Napoléon écrivit au ministre de la Guerre : « Les cuirassiers me rendent des services inappréciables. »

La même année, à Essling, la grosse cavalerie française se dépensa sans compter au prix de lourdes pertes. Les cuirassiers de Nansouty et d'Espagne se couvrirent de gloire...

Toujours en 1809, la bataille de Wagram fut gagnée grâce à l'engagement de toute la réserve de cavalerie.

En 1812, en Russie, cette réserve, aux ordres de Murat, comprenait quatre corps composés chacun d'une division légère et de deux divisions de carabiniers, cuirassiers ou dragons, soit environ quarante mille cavaliers qui firent des prodiges d'héroïsme tout au long de cette terrible campagne. Deux exemples. Au début, à Borodino, sur la Moskowa, les grosses cavaleries des deux adversaires se livrèrent un combat acharné : les Russes durent finalement se replier et furent poursuivis jusqu'à Moscou. Au terme de la catastrophique retraite, lors du célèbre passage de la Bérézina, les débris des divisions de cuirassiers tinrent ferme et permirent aux restes de la Grande Armée de franchir les ponts lancés par les sapeurs de la Garde. Malgré leur épuisement et leur dénuement, les cuirassiers (brigade d'Oullembourg, division Doumerc) eurent la discipline d'astiquer casques et cuirasses ! Les cavaliers russes en furent frappés de stupeur... C'est alors que des fantômes amaigris, flottant dans leur cuirasse et chevauchant des haridelles, chargèrent furieusement dans l'éclatement des trompettes : les Russes se débandèrent en laissant plus d'un millier de morts... C'était la dernière charge de la cavalerie impériale en Russie.

En 1813, contre les Autrichiens, Murat et la cavalerie de réserve firent merveille : enfoncée, disloquée, sabrée, cernée ou poursuivie, l'infanterie ennemie perdit cinq mille tués et plus de dix-huit mille prisonniers.

En 1814, sur le territoire national envahi, les deux mille cavaliers de Nansouty battirent souvent un ennemi bien plus nombreux, mieux monté et instruit.

Enfin, en 1815, au cours de la campagne de Belgique, lors de la victoire de Ligny contre les Prussiens, le cheval de Blücher lui-même s'abattit au milieu d'une charge vigoureuse du 9e cuirassiers. Deux jours plus tard, à Waterloo, le même régiment, accompagné du 6e, ramena la cavalerie de la garde anglaise « l'épée dans les reins ». Et, pendant plusieurs heures, dans les pires conditions de terrain (pentes boueuses d'un plateau), près de six mille carabiniers, cuirassiers et dragons, soutenus par près de quatre mille cavaliers de la Garde, se précipitèrent sur les carrés anglais et alliés encore intacts, peu bombardés, bien pourvus en artillerie et organisés en profondeur derrière les chemins creux et les crêtes. Le tir dense et précis des excellents canons et fusils britanniques fit des ravages parmi les cavaliers trop concentrés. Pourtant, à force d'acharnement (certains escadrons chargèrent seize fois !), les carrés ennemis furent ébranlés, pénétrés, pourfendus, amenuisés. Si l'Empereur avait disposé de l'infanterie d'élite qui contenait l'irruption prussienne sur les arrières, l'armée anglaise eût été bel et bien battue... En tout cas, les officiers alliés furent unanimes à souligner la bravoure et l'allant des cuirassiers français qui, sabre à la main, s'élançaient vers la mort surgissant des bouches à feu.

En conclusion, citons les propos du commandant en chef des armées anglo-hanovrienne et hollando-belge, Wellington lui-même, qui déclarait à ses officiers après Waterloo : Messieurs, vous ignorez peut-être quelle est actuellement la meilleure cavalerie d'Europe ? C'est la plus mal montée de toutes : la cavalerie française ! Depuis que j'ai eu personnellement à soutenir les effets de son audace et de sa détermination, je n'en connais aucune qui soit capable de la surpasser.




Cuirassiers français à Waterloo.



ANNEXE : formations de cuirassiers et carabiniers dans la Grande Armée de 1805 à 1815.


1805 : Deux divisions (Hautpoul et Nansouty), soit dix régiments à quatre escadrons de cent vingt cavaliers (environ cinq mille au total).

1809 : Une division de réserve (Nansouty) et deux divisions détachées (Espagne et Saint-Sulpice), soit quatorze régiments à cinq escadrons de cent soixante cavaliers (près de douze mille au total).

1812 : Un corps à deux divisions (Saint-Germain et Valence) sous Nansouty ; une division (Walther) dans le corps de cavalerie de Montbrun et une division (Doumerc) dans le corps de cavalerie de Grouchy, soit seize régiments à quatre escadrons de deux cents cavaliers (plus de douze mille au total).

1815 : Deux corps à deux divisions (Saint-Alphonse et Delort sous Milhaud ; L'Héritier et d'Urbal sous Kellermann), soit quatorze régiments (deux régiments de dragons pour compléter) à trois escadrons de cent vingt cavaliers (environ cinq mille au total).




Officier de carabiniers.




La cavalerie impériale



La cavalerie est utile avant, pendant et après une bataille. Une armée supérieure en cavalerie aura toujours l'avantage de bien couvrir ses mouvements, d'être toujours bien instruite des mouvements de son adversaire et de ne s'engager qu'autant qu'elle le voudra. Ses défaites seront de peu de conséquence et ses efforts seront décisifs. Sans cavalerie, les batailles sont sans résultat.


Napoléon.



Avant la bataille, la cavalerie éclaire l'armée ; pendant la bataille, elle soutient l'infanterie, exploite ses succès ou crée l'« événement » ; après la bataille, elle poursuit l'ennemi ou couvre la retraite.



A. ORGANISATION FONCTIONNELLE :


1) CAVALERIE LEGERE : HUSSARDS pour la reconnaissance et CHASSEURS pour la poursuite.

2) CAVALERIE DE LIGNE : DRAGONS en soutien de la cavalerie légère, tête de pont (à pied) et LANCIERS en appui direct.

3) GROSSE CAVALERIE : CARABINIERS et CUIRASSIERS en soutien de la légère, de la ligne et pour créer l'« événement » (rupture d'un front).


REPARTITION et EVOLUTION :


1804 :

CAVALERIE LEGERE : 10 régiments de hussards ; 24 de chasseurs.

CAVALERIE DE LIGNE : 30 régiments de dragons.

GROSSE CAVALERIE : 2 régiments de carabiniers ; 12 de cuirassiers.

GARDE IMPERIALE : 1 régiment de chasseurs à cheval (légère) ; 1 régiment de grenadiers à cheval (grosse) : Vieille Garde.

Soit 80 régiments (35 de légère, 30 de ligne, 15 de grosse), chacun à 4 escadrons de 120 cavaliers (env. 500 « sabres ») : quelque 40 000 cavaliers au total.


1806 - 1807 (apogée) :

A la Garde impériale, s'ajoutent 1 régiment de dragons et 1 régiment de chevau-légers (ligne) : Moyenne Garde.

Tous les régiments passent à 5 escadrons de 160 cavaliers (env. 800 « sabres ») : quelque 65 000 cavaliers au total.


1809 - 1812 :

2 nouveaux régiments de cuirassiers ; les carabiniers se cuirassent : 16 régiments cuirassés.

10 nouveaux régiments de chevau-légers lanciers (1 pour la Garde dont le régiment de chevau-légers devient aussi lanciers).

6 régiments de dragons supprimés.

2 nouveaux régiments de hussards.

6 nouveaux régiments de chasseurs.

Soit 96 régiments (42 de légère, 33 de ligne, 16 de grosse et 5 de la Garde en dernière réserve) : env. 77 000 h. au total.


1813 - 1815 :

En 1813, la Garde impériale accueille 3 régiments d'éclaireurs (légère) et 4 de gardes d'honneur (ligne) : Jeune Garde (en première réserve), mais la cavalerie, reconstituée tant bien que mal après la campagne de Russie, ne compte plus qu'env. 45 000 h. pour la campagne d'Allemagne. L'année suivante, lors de la campagne de France, elle est même réduite à env. 15 000 cavaliers qui sont à peine le double en 1815 (env. 22 000 dans l'armée du Nord en Belgique).



B. ORGANISATION TACTIQUE :


1) ORGANISATION GENERALE : les régiments de cavalerie, articulés en quatre, puis, de 1806 à 1809, en cinq escadrons (de cent à deux cents cavaliers répartis en compagnies et pelotons), sont groupés par deux ou trois en brigades qui, couplées, avec une batterie d'artillerie à cheval (une pièce par régiment), constituent une division.


2) ORGANISATION PARTICULIERE :

CAVALERIE LEGERE : organisée en brigades à trois régiments ou divisions à quatre régiments, chacune attachée à un corps d'armée. En 1806, trois brigades à deux régiments, en 1807, une division organique, puis une autre en 1809, sont placées au sein de la réserve générale dans laquelle, en 1812, une division à quatre régiments est attachée à chacun des quatre corps de cavalerie et, en 1815, deux divisions forment un corps de cavalerie légère.

CAVALERIE DE LIGNE : organisée en divisions à quatre régiments (dragons et lanciers), détachées auprès des corps d'armée, ou à quatre-six régiments (dragons), placées au sein de la réserve générale dans laquelle, en 1812 et 1815, deux d'entre elles forment un corps propre. (En 1812, un régiment de lanciers est attaché à chacune des divisions de grosse cavalerie ; en 1815, une brigade de lanciers à deux régiments est attachée aux deux premiers corps d'armée.)

GROSSE CAVALERIE : organisée en divisions à quatre-six régiments (deux en 1805, trois en 1809, quatre en 1812 et 1815), fer de lance de la réserve générale dans laquelle, en 1812, deux d'entre elles forment un corps propre et, en 1815, les quatre divisions forment deux corps.

N.B. A partir de 1805, la réserve de cavalerie rassemble les divisions de grosse cavalerie (forcément cavalerie de réserve) et deux à quatre divisions de ligne (dragons). En 1807, elle comprend organiquement une division de légère, suivie d'une autre en 1809. En 1812, elle est organisée en quatre corps (un de grosse cavalerie, un de ligne et deux mixtes), chacun à deux divisions, une division de légère et de l'artillerie à cheval. En 1815, elle comporte également quatre corps plus réduits (à deux divisions) et de l'artillerie à cheval : deux de grosse cavalerie, un de ligne et un de légère.

A la fin de l'Empire, la Garde impériale, outre deux escadrons de gendarmes d'élite, comprend :

- un régiment de grenadiers (grosse) et un de chasseurs (légère) avec la compagnie de mameluks, chaque régiment ayant deux escadrons supplémentaires de vélites (aspirants-officiers).

- un régiment de dragons, dits « de l'Impératrice », et deux de lanciers : lanciers polonais et lanciers rouges (ligne).

- trois régiments d'éclaireurs (légère) et quatre de gardes d'honneur (ligne).




Tactique et organisation de la Grande Armée


La Garde impériale donne pour la dernière fois


Il nostro gruppo storico (5e cuirassiers, 2e escadron), Torino, Italia.






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Alain Cerri : E-mail.


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