La 157. Reserve-Division de la Wehrmacht en mars 1944

La 157. Reserve-Division de la Wehrmacht en mars 1944

Page établie en 2006, modifiée le 11 novembre 2011.




Emblème de la 157e devenue 8e division de montagne (8. Gebirgs-Division) en mars 1945




(...) la 157e division se met en place. Cette grande unité est affectée à la réduction des maquis. (...) Est-elle de "montagne", de "réserve" ou de "sécurité" ? Les historiens en débattent. De "montagne" signifie troupe d'élite (...). De "réserve" atténue quelque peu, sans signifier pour autant deuxième ordre ("sécurité").

Pierre Montagnon, Les maquis de la Libération, p. 118.



En fait, le débat est clos depuis longtemps : la 157e division de réserve (157. Reserve-Division) de la Wehrmacht était une unité d'instruction et d'occupation qui, issue de l'armée de remplacement en 1942, fut versée dans l'armée de campagne fin juillet 1944.



Dans « Wehrmacht, Waffen-SS et Sipo-SD : la répression allemande en France 1943-1944 », Peter Lieb (Department of War Studies, The Royal Military Academy Sandhurst - RMAS, UK), écrit :
L’expérience vécue de la guerre contre les partisans a également joué un rôle considérable dans la radicalisation des unités de la Wehrmacht, même lorsqu’elles étaient initialement dans une disposition d’esprit tout à fait opposée, comme le montre le cas de la 157e division de réserve. Cette division d’instruction, stationnée dans le Jura et dans les Alpes, a été la seule à être employée contre la Résistance pendant presque une année. [...] le commandant de la division, le général Pflaum, s’est plaint des mesures brutales appliquées par la Sipo-SD (la police de sécurité allemande) lors de la grande opération anti-partisans, dénommée Frühling, dans le Jura en avril 1944. Selon lui, ses soldats auraient trouvé ces méthodes antipathiques, car elles auraient frappé trop souvent des innocents. Quelques mois plus tard, cette division participait à l’opération dans le Vercors – une opération accompagnée d’innombrables représailles sanglantes. Son cas reste cependant singulier : la 157e division de réserve n’a pas participé aux plus grands massacres commis en France. De plus, cette division était plus ou moins contrôlée par la Sipo-SD pendant ses actions contre les maquis. Son comportement a été meilleur que la réputation qui est la sienne aujourd’hui.



D'après le dictionnaire militaire allemand en dix-huit volumes Verbände und Truppen der deutschen Wehrmacht und Waffen-SS im Zweiten Weltkrieg 1939 - 1945 de Georg Tessin, une recherche de l'historien Alain Chazette (transmise à titre amical) et le rapport du général Pflaum en 1950 (US NARA, FMS, A-946), en mars 1944, la 157. Reserve-Division de la Wehrmacht (LXIV. Reserve-Korps, Heeresgruppe D, Westalpen), sous le commandement du général Karl Pflaum, comprenait :

  • un régiment de grenadiers de réserve (Reserve-Grenadier-Regiment 157, P.C. Gap), composé pour moitié d'Allemands ou de Volksdeutsche et pour moitié d'étrangers (Volskliste III, surtout des Polonais), à trois bataillons partiellement motorisés à trois compagnies (Btl. 179, Grenoble, 199, Chambéry, 217, Embrun) et, entre autres, une compagnie de canons d'infanterie (Inf.Gesch.Kp., Gap) ainsi qu'une compagnie antichar (Pz.Jäg.Kp., Gap) ;

  • un régiment de chasseurs de montagne de réserve (Reserve-Gebirgsjäger-Regiment 1, P.C. Aix-les-Bains), composé uniquement d'Allemands ou de Volksdeutsche, à quatre bataillons à quatre ou cinq compagnies (Btl. I./98, Annecy, II./98, Lanslebourg, 99, Briançon, 100, Bourg-Saint-Maurice) et, entre autres, une compagnie antichar (Pz.Jäg.Kp., Sallanches) ;

  • un régiment d'artillerie de réserve (Reserve-Artillerie-Regiment 7, P.C. Grenoble), composé pour moitié d'Allemands ou de Volksdeutsche et pour moitié d'étrangers (Volskliste III, surtout des Polonais), avec un groupe de campagne à neuf pièces (Abt. 7, Grenoble) et un groupe de montagne à seize pièces (Abt. 79 (Geb.), Albertville) ;

  • un bataillon du génie de réserve (Reserve-Pionier-Bataillon 7, Grenoble), composé pour moitié d'Allemands ou de Volksdeutsche et pour moitié d'étrangers (Volskliste III, surtout des Polonais), à trois compagnies et

  • les services divisionnaires de réserve (Reserve-Divisions-Nachschubtruppen 1057, Q.G. Grenoble).

    Dépourvue d'unités de reconnaissance et de transmissions, de moyens divisionnaires antiaériens et antichars, faiblement dotée d'artillerie de campagne, la 157e division de réserve n'était pas opérationnelle contre les Alliés ; elle avait simplement pour mission de compléter l'instruction des recrues avec des cadres en convalescence et d'assurer la sécurité dans la région frontalière des Alpes, vaste étendue où elle n'était renforcée que par deux bataillons de sécurité à trois compagnies : le Sicherungs-Bataillon 685 à Grenoble et le II./Sicherungs-Regiment 194 à Digne, et par un bataillon de l'Est à quatre compagnies : l'Ost-Bataillon 406 à Saint-Jean-de-Maurienne afin de garder la route de l'Italie.





    La 157. Reserve-Division, organisée en 1942, dérivait de la Division Nr. 157 créée en 1939 à Munich et incomparablement plus étoffée quoique composée de troupes de remplacement (Ersatztruppen*1. En effet, en 1942, à cause du manque de personnel, le commandement allemand décida de dédoubler les grandes unités de l'armée de remplacement : tandis que les structures de recrutement et d'instruction de base demeurèrent en Allemagne, des formations allégées furent envoyées dans les pays occupés, particulièrement à l'Ouest, pour y assumer des tâches à la fois d'entraînement et d'occupation. Ces divisions, dites de réserve, furent progressivement intégrées à l'armée de campagne au cours de l'année 1944 (pour la 157e, mise à la disposition de la 19e armée en avril 1944 : z. Vfg. 19. Armee, Heeresgruppe G, Westalpen, et intégration à l'armée Ligurie le 27 juillet 1944 : LXXV Armee Ligurien, Heeresgruppe C, Westalpen).

    Déployée dans le Jura, puis dans les Alpes en septembre 1943 après la capitulation italienne, la 157e division de réserve comprit, jusqu'en janvier 1944, un troisième régiment d'infanterie (Reserve-Grenadier-Regiment 7 : Btl. 19, 61, 62) qui fut transféré, à ce moment, à la 276. Infanterie-Division. Du début février à la fin septembre 1944, la 157. Reserve-Division lutta principalement contre les maquis de l'Ain (opération Korporal du 5 au 13 février 1944, opération Frühling du 7 au 18 avril 1944, opération Treffenfeld du 11 au 21 juillet 1944), des Glières (opération Hoch-Savoyen fin mars 1944) et du Vercors (opération Bettina fin juillet 1944), puis contre les troupes régulières américaines et françaises. Le 1er octobre 1944, pour tenir les cols alpins, fut formée la 157. Gebirgs-Division, division de montagne, à partir notamment des bataillons du Reserve-Gebirgsjäger-Regiment 1 : les Btl. I./98, II./98, 99 constituèrent le Gebirgsjäger-Regiment 297 ; le Btl. 100, avec le Btl. Heine et le Hochgebirgsjäger-Btl. 3 (chasseurs de haute montagne), constitua le Gebirgsjäger-Regiment 296 *2. En mars 1945, la 157. Gebirgs-Division, relevée sur les Alpes par la 5. Gebirgs-Division, devint la 8. Gebirgs-Division *3 qui combattit en Italie du Nord...





    Les Reserve-Gebirgsjäger-Btl. I./98, II./98, 99 et 100 (mis en oeuvre aux Glières) dérivaient d'unités de remplacement (Gebirgsjäger-Ersatz-Btl. I./98, II./98, 99 et 100) pour la 1. Gebirgs-Division, la meilleure division de montagne de l'armée allemande, qui réunit les régiments 98, 99 et 100 jusqu'en 1940 où ce dernier entra dans la composition de la 5. Gebirgs-Division. Il ne faut toutefois pas confondre ces bataillons de réserve (entraînement et occupation) et les régiments d'élite de la 1. Gebirgs-Division.



    Composition des Reserve-Gebirgsjäger-Btl. I./98, II./98, 99 et 100


    Chacun de ces bataillons comprenait deux ou trois compagnies d'assaut (chacune divisée en trois ou quatre sections de combat dotées de fusils-mitrailleurs leMG 34 ou 42 et italiens ainsi que de mortiers légers de 50 mm leGrW 36) et deux compagnies d'appui (une légère de mitrailleuses sMG 34 ou 42 et polonaises en réserve ; une lourde avec des mortiers moyens de 80 mm mGrW 34 et italiens ainsi que des canons d'infanterie de montagne de 75 mm leGebIG 18*4.

    Res.Geb.Jäg.Btl. I./98 Identification postale Armement
    Stab (état-major) 14593 A
    1. Kompanie 14593 B 3 sections de combat à 3 groupes d'assaut (chacune 3 fusils-mitrailleurs et 1 mortier léger)
    2. Kompanie 14593 C 3 sections de combat à 3 groupes d'assaut (chacune 3 fusils-mitrailleurs et 1 mortier léger)
    3. Kompanie 14593 D 3 sections de combat à 3 groupes d'assaut (chacune 3 fusils-mitrailleurs et 1 mortier léger)
    4. Kompanie 14593 E Une douzaine de mitrailleuses allemandes et polonaises
    5. Kompanie 14593 E 5 mortiers moyens (4 allemands, 1 italien) et 2 canons d'infanterie de montagne

    Res.Geb.Jäg.Btl. II./98 Identification postale Armement
    Stab (état-major) 19213 A
    7. Kompanie 19213 B 4 sections de combat à 4 groupes d'assaut (chacune 4 fusils-mitrailleurs et 1 mortier léger)
    8. Kompanie 19213 C 4 sections de combat à 4 groupes d'assaut (chacune 4 fusils-mitrailleurs et 1 mortier léger)
    9. Kompanie 19213 D Une douzaine de mitrailleuses allemandes et polonaises
    10. Kompanie 19213 E 5 mortiers moyens (4 allemands, 1 italien) et 2 canons d'infanterie de montagne

    Res.Geb.Jäg.Btl. 99 Identification postale Armement
    Stab (état-major) 09346 A
    1. Kompanie 09346 B 4 sections de combat à 3 groupes d'assaut (chacune 3 fusils-mitrailleurs et 1 mortier léger)
    2. Kompanie 09346 C 4 sections de combat à 3 groupes d'assaut (chacune 3 fusils-mitrailleurs et 1 mortier léger)
    4. Kompanie 09346 D Une douzaine de mitrailleuses allemandes et polonaises
    5. Kompanie 09346 E 5 mortiers moyens (4 allemands, 1 italien) et 2 canons d'infanterie de montagne

    Res.Geb.Jäg.Btl. 100 Identification postale Armement
    Stab (état-major) 07552 A
    2. Kompanie 07552 B 3 sections de combat à 4 groupes d'assaut (chacune 4 fusils-mitrailleurs et 1 mortier léger)
    3. Kompanie 07552 C 3 sections de combat à 4 groupes d'assaut (chacune 4 fusils-mitrailleurs et 1 mortier léger)
    4. Kompanie 07552 D Une douzaine de mitrailleuses allemandes et polonaises
    5. Kompanie 07552 E 6 mortiers moyens (4 allemands, 2 italiens) et 2 canons d'infanterie de montagne
    66 fusils-mitrailleurs allemands Une soixantaine de F.-M. italiens de prise Dont une vingtaine en réserve


    Chasseurs de montagne allemands...

    et leurs mulets transportant, en six fardeaux, un 7.5 cm Gebirgsinfanteriegeschütz 18 (canon d'infanterie de montagne de 75 mm modèle 1918 modifié, à ne pas confondre avec le canon d'artillerie de montagne de 75 mm modèle 1936).



    Composition d'une section de combat


    Chaque section de combat était composée de quatre ou cinq groupes d'une dizaine d'hommes : trois ou quatre d'assaut articulés autour d'un fusil-mitrailleur leMG 34 ou 42 (voir les principales caractéristiques des armes légères) et un de commandement et d'appui avec un mortier léger de 50 mm leGrW 36.

    UN GROUPE DE COMMANDEMENT ET D'APPUI :
    Un officier chef de section (un pistolet) Un sous-officier adjoint (un pistolet-mitrailleur) Trois agents de liaison (trois fusils)
    Un infirmier (un pistolet) Un agent ravitailleur (un fusil) Un cheval et une charrette de transport
    Un caporal chef de pièce (un fusil) Deux servants de pièce (deux pistolets) Un mortier léger de 50 mm
    TROIS OU QUATRE GROUPES D'ASSAUT :
    Un sous-officier chef de groupe (un pistolet-mitrailleur)
    Un caporal et cinq fusiliers-grenadiers (six fusils) Deux servants de pièce (deux pistolets) Un fusil-mitrailleur Un agent ravitailleur (un fusil) Un mulet ravitailleur



    Le groupe d'artillerie de montagne de réserve Res.Geb.Art.Abt. 79, stationné à Albertville et également mis en oeuvre aux Glières, rassemblait trois batteries : deux à six canons de montagne de 75 mm (deux GebG36 et quatre GebK15 Skoda) et une à quatre canons GebK15.



    Chasseurs de montagne allemands de la compagnie d'appui lourde du Reserve-Gebirgsjäger-Bataillon 99 récupérant les armes abandonnées par les maquisards et incendiant les chalets sur le plateau des Glières fin mars 1944



    (Photographies obligeamment fournies par M. Erich Kalmbach, ancien soldat du Res.Geb.Jäg.Btl. 99.)



    Extrait du témoignage de M. Erich Kalmbach, ancien soldat du Res.Geb.Jäg.Btl. 99, 5. Kompanie (traduction par M. Paul Pfeffer - télécopie de l’original consultable)


    Arrivée [par le train] à Bonneville le 24 mars 1944 vers midi. Débarquement immédiat des troupes, des animaux [mulets et chevaux] et du matériel. Départ [à pied] en direction d’Entremont. Arrivée tard dans la soirée. Nuitée dans le bâtiment de l’école.
    [Le 26 mars], briefing sur place. Tard le soir, composition d’un fort groupe de combat. Ordre donné : reconnaissance et, éventuellement, prise des Auges […] attaquées l’après-midi par des avions bombardiers.
    ([Le matin du 27 mars], parcours particulièrement difficile, très raide et dans la neige profonde […]. L’alpage […] est occupé sans combat […]. Pas de réaction des Français : nous n’en avons pas vu un seul.) Nous avons continué l’attaque du plateau des Glières. […] Nous n’avons eu aucun contact avec l’ennemi. Eparpillés sur toute l’étendue du terrain, il y avait beaucoup de parachutes multicolores auxquels les conteneurs de matériel étaient encore attachés. […]
    Nous avons ramassé toutes les armes et munitions [que nous avons] chargées sur les mulets et chevaux, et nous sommes descendus dans la vallée le lendemain. (Ni tués ni blessés.)
    De là, deux jours plus tard, nous sommes partis pour le Jura et d’autres interventions. […]



    Tactique de l'infanterie allemande dans l'attaque


    (Traduction par Alain Cerri d'un texte tiré du Handbook on German Military Forces.)


    Flankenangriff ou attaque du flanc. Pour les Allemands, c'est l'attaque la plus efficace. Lancée à partir de la marche d'approche ou de marches de flanc (parfois au cours d'un mouvement tournant), elle tente de surprendre l'ennemi et de ne pas lui laisser le temps de réagir. Comme elle exige rapidité et dissimulation, l'attaque du flanc a davantage de chances de succès quand elle est déclenchée à distance ; les mouvements de troupes commandés par la manoeuvre ne peuvent être exécutés à proximité de l'ennemi que de nuit ou sur un terrain exceptionnellement propice. Les deux flancs sont attaqués uniquement lorsque les Allemands estiment leurs forces nettement supérieures.

    Umfassungsangriff ou manoeuvre d'enveloppement. Il s'agit de la combinaison, très appréciée par les Allemands, d'une attaque du flanc et d'une attaque frontale simultanée afin de fixer les forces adverses. Elle peut être dirigée contre l'un ou contre les deux flancs ennemis, mais plus l'enveloppement progresse, plus s'accroît le risque d'être enveloppé soi-même. C'est pourquoi les Allemands insistent sur la nécessité de prévoir de fortes réserves et une solide organisation des forces en profondeur.

    Einkreisung ou encerclement. Les Allemands pensent que c'est une forme d'attaque particulièrement décisive, mais habituellement plus ardue à réaliser que l'attaque du flanc ou la manoeuvre d'enveloppement. Dans l'encerclement, l'ennemi n'est pas du tout attaqué de front ou ne l'est que par de faibles forces tandis que le gros le tourne complètement avec l'intention de le manoeuvrer sur sa position, ce qui requiert une extrême mobilité et une grande capacité de mystification.

    Frontalangriff ou attaque frontale. Les Allemands la considèrent comme la plus difficile à mener à bien. En effet, elle frappe l'ennemi là où il est le plus fort et réclame, par conséquent, une nette supériorité en hommes et en matériel. Ainsi l'attaque frontale ne doit être effectuée qu'en un point où l'infanterie peut percer la masse adverse sur un terrain favorable. Le front de l'attaque doit être plus large que la zone choisie pour la pénétration (Schwerpunkt) en vue d'immobiliser l'ennemi sur les flancs de la brèche. Des réserves suffisantes doivent être prêtes à affronter celles que celui-ci peut employer.

    Flugelangriff ou attaque de l'aile. Une attaque dirigée contre l'une ou contre les deux ailes de l'ennemi a, selon les Allemands, de meilleures chances de réussir qu'une attaque frontale au centre, dans la mesure où seule une partie des armes adverses fait face et seul un flanc des forces attaquantes est exposé au feu. Repousser une aile peut donner l'occasion de lancer une attaque de flanc ou une manoeuvre d'enveloppement simple ou double.



    L'armée de remplacement


    L'armée de remplacement (Ersatzheer) fut, dès 1939, chargée du recrutement et de la formation du personnel militaire (y compris les sous-officiers et les officiers), puis de sa répartition au sein de l'armée de campagne ainsi que de l'organisation de nouvelles unités et de la reconstitution des unités anéanties. Dans ce but, elle constitua un certain nombre de divisions de remplacement dans chaque région militaire (Wehrkreis). Ses effectifs passèrent d'environ un million d'hommes au début de la guerre à plus de deux millions et demi fin 1944.

    A l'origine, un bataillon de remplacement fut affecté à chaque régiment de campagne. Ce bataillon était composé de compagnies d'incorporation, d'instruction, de convalescence et de transfert. Le commandement du régiment de remplacement disposait en outre de trois à cinq compagnies particulières pour former les spécialistes. De plus, il existait aussi des unités d'instruction plus poussée (Ausbildung).

    En octobre 1942, chaque division de remplacement fut dédoublée en une unité de remplacement proprement dite (Ersatz), chargée du recrutement et de l'instruction élémentaire en Allemagne, et une unité dite de réserve, chargée de l'instruction complémentaire et de l'entraînement en territoire occupé, ce qui permettait à la fois d'exercer les recrues en situation (contre les partisans) et de libérer des troupes déjà expérimentées pour le front.

    Comme la période initiale se réduisait au strict minimum, chaque division de campagne comprenait un bataillon de remplacement de campagne (Feldersatz-Bataillon) afin de parfaire la formation. Généralement, une recrue destinée à l'infanterie effectuait en principe deux mois de classes en Allemagne, puis au moins deux mois d'entraînement en territoire occupé ou à l'arrière du front et encore deux mois de perfectionnement dans le cadre de son unité de campagne.

    En bref, ce système de remplacement fonctionna remarquablement bien jusqu'en 1944 où les divisions de réserve furent intégrées à l'armée de campagne.



    *1 En avril 1940, la Division Nr. 157 (Ersatz : remplacement) comprenait :

  • Infanterie-Ersatz-Regiment 7 (régiment d'infanterie) : Btl. 19, 61, 62

  • Infanterie-Ersatz-Regiment 157 (régiment d'infanterie) : Btl. 179, 199, 217

  • Gebirgsjäger-Ersatz-Regiment 1 (régiment de chasseurs de montagne) : Btl. I./98, II./98, 99, 100

  • Artillerie-Ersatz-Regiment 7 (régiment d'artillerie) : Abt. 7, 43, 79, 157

  • Beobachtungs-Ersatz-Abteilung 7 (groupe d'observation)

  • Ersatz-Abteilung für motorisierte Aufklärung 7 (groupe de reconnaissance motorisée)

  • Panzerjäger-Ersatz-Abteilung 7 (groupe de chasseurs de chars)

  • Pionier-Ersatz-Bataillon 7 (bataillon du génie)

  • Bau-Ersatz-Bataillon 7 (bataillon du génie lourd)

  • Nachrichten-Ersatz-Abteilung 7 (groupe de transmissions)

  • Fahr-Ersatz-Abteilung 7 (groupe de transport)

  • Fahr-Ersatz-Abteilung 27 (groupe de transport)

  • Kraftfahr-Ersatz-Abteilung 7 (groupe de transport lourd)

  • Kraftfahr-Ersatz-Abteilung 27 (groupe de transport lourd)

    *2 En octobre 1944, la 157. Gebirgs-Division comprenait :

  • Gebirgsjäger-Regiment 296 (régiment de chasseurs de montagne) : Btl. I.-III. issus du Reserve-Gebirgsjäger-Regiment 1, Btl. 100, du Btl. Heine et du Hochgebirgsjäger-Btl. 3 (bataillon de chasseurs de haute montagne)

  • Gebirgsjäger-Regiment 297 (régiment de chasseurs de montagne) : Btl. I.-III. issus du Reserve-Grenadier-Regiment 157 et du Reserve-Gebirgsjäger-Regiment 1, Btl. I./98, II./98, 99

  • Gebirgs-Artillerie-Regiment 1057 (régiment d'artillerie de montagne) : Abt. I.-IV. issus du Reserve-Artillerie-Regiment 7 et des Heeres-Art.Abt. 1116 et 1154 (groupes d'artillerie de la réserve générale de l'armée)

  • Panzerjäger-Abteilung 1057 (groupe de chasseurs de chars)

  • Gebirgs-Pionier-Bataillon 1057 (bataillon du génie de montagne)

  • Feldersatz-Bataillon 1057 (bataillon de remplacement de campagne) issu du I./Sicherungs-Regiment 200, régiment de sécurité stationné à Lyon

  • Gebirgs-Divisions-Nachrichten-Abteilung 1057 (groupe divisionnaire de transmissions)

  • Gebirgs-Divisions-Nachschubtruppen 1057 (services divisionnaires)

    *3 En mars 1945, la 157. Gebirgs-Division, devenue 8. Gebirgs-Division, obtint un groupe de reconnaissance (Aufklärung-Abteilung 1057).

    *4 Un bataillon de chasseurs de montagne type 1939 comprenait trois compagnies d'assaut (chacune dotée de neuf fusils-mitrailleurs leMG 34, de trois mortiers légers de 50 mm leGrW 36 et de deux mitrailleuses sMG 34) et une compagnie d'appui avec quatre mitrailleuses sMG 34, six mortiers moyens de 80 mm mGrW 34 et deux canons d'infanterie de montagne de 75 mm leGebIG 18.

    Un bataillon de chasseurs de montagne type 1944 comprenait, en principe, trois compagnies d'assaut (chacune dotée de douze fusils-mitrailleurs leMG 42 et de deux mortiers moyens de 80 mm courts kzGrW 42) et deux compagnies d'appui (une légère avec douze mitrailleuses sMG 42 ; une lourde avec quatre mortiers lourds de 120 mm).



    Comparaison de la 157. Reserve-Division avec la 157. Gebirgs-Division


    Eléments 157. Reserve-Division (février - septembre 1944) 157. Gebirgs-Division (octobre 1944 - mars 1945)
    groupe de reconnaissance aucun Aufklärung-Abteilung 1057 (mars 1945)
    régiment d'infanterie 1 Reserve-Grenadier-Regiment 157 (3 bataillons) Gebirgsjäger-Regiment 296 (3 bataillons)
    régiment d'infanterie 2 Reserve-Gebirgsjäger-Regiment 1 (4 bataillons) Gebirgsjäger-Regiment 297 (3 bataillons)
    régiment d'artillerie Reserve-Artillerie-Regiment 7 (2 groupes) Gebirgs-Artillerie-Regiment 1057 (4 groupes)
    groupe antichar aucun Panzerjäger-Abteilung 1057
    bataillon du génie Reserve-Pionier-Bataillon 7 Gebirgs-Pionier-Bataillon 1057
    bataillon de remplacement aucun Feldersatz-Bataillon 1057
    groupe de transmissions aucun Gebirgs-Divisions-Nachrichten-Abteilung 1057
    services divisionnaires Reserve-Divisions-Nachschubtruppen 1057 Gebirgs-Divisions-Nachschubtruppen 1057



    Biographie succincte du général Karl Pflaum


    17 novembre 1890 naissance à Passau (Bavière)
    23 juillet 1910 élève officier au 8e régiment (bavarois) d'infanterie
    28 octobre 1912 Leutnant (sous-lieutenant)
    16 mars 1916 Oberleutnant (lieutenant)
    22 septembre 1921 Hauptmann (capitaine)
    1928 - 1929 études de psychologie à l'université de Berlin
    1er octobre 1930 officier d'état-major
    1er juin 1932 Major (chef de bataillon)
    1er mars 1935 Oberstleutnant (lieutenant-colonel)
    1er octobre 1937 Oberst (colonel)
    1937 - 1939 chef du Centre de tests psychologiques de Munich
    1er octobre 1941 Generalmajor (général de brigade)
    9 octobre 1941 commandant la 258. Infanterie-Division sur le front de l'Est
    20 septembre 1942 commandant la 157. Reserve-Division
    1er octobre 1943 Generalleutnant (général de division)
    31 août 1944 passation du commandement de la 157. Res.Div. au Generalmajor Paul Schricker pour raisons de santé
    Février 1947 arrestation par les Américains et emprisonnement par les Français
    25 décembre 1951 libération
    18 décembre 1957 décès en Allemagne
    principales décorations Eisernes Kreuz 1.Klasse (croix de fer de 1ère classe) en 1914 et Deutsches Kreuz in Gold (croix allemande en or) en 1942




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