Le combat décisif de Monthiévret le 26 mars 1944

Le combat décisif de Monthiévret le 26 mars 1944

Page modifiée le 7 avril 2012.




Monthiévret (selon les livres d'histoire), ou Montiévret (selon le cadastre), ou Montiévran (selon l'I.G.N.) était, en 1944, un hameau sis sur un pâturage alpestre à l'extrémité nord-est du plateau des Glières dans le prolongement de la montagne des Auges sous la pointe de Ballanfat (1545 m). Situé à 1128 m d'altitude, soit à quelque trois cents mètres au-dessous du col des Glières et à moins de quatre cents au-dessus de la vallée du Borne, cet alpage est relié à la route départementale D12 entre le Petit-Bornand et Entremont par un sentier escarpé qui débouche au lieu-dit les Plains (758 m) et qui, sur l'autre versant, rejoint le chemin montant de l'Essert vers le nant du Talavé et le plateau des Glières.

Monthiévret constitue l'un des points les plus vulnérables du dispositif de défense des Glières. En effet, il ne se présente pas comme un passage haut et resserré ainsi que la plupart des accès au plateau, mais, assez peu élevé, il s'étend sur un vaste replat taillé dans une croupe enneigée et totalement nue en mars 1944, de surcroît dominé par une barre rocheuse que des alpinistes chevronnés pourraient escalader... Le sentier venant des Plains se divise en deux sur le pré : tandis que l'embranchement du bas conduit rapidement à un premier chalet précédé de puits, le Petit-Monthiévret, celui du haut mène plus loin à plusieurs chalets, le hameau de Monthiévret proprement dit.





Dans le cadre du bataillon des Glières, le secteur de Monthiévret se trouve sous la responsabilité du lieutenant Jacques Lalande dit Lamotte qui commande la quatrième compagnie comprenant aussi la section Savoie-Lorraine, barrant en arrière le chemin du Talavé, et les sections espagnoles Ebro et Renfort-Ebro en réserve. La position est défendue par quarante-six maquisards sous les ordres du sous-lieutenant Pierre Barillot dit Baratier, officier de chasseurs alpins, et organisés en deux sections :

  • La section Jean-Carrier, commandée par Fernand Guillemenet dit Minouche, sous-officier de l'armée de l'air, forte de vingt-huit hommes, s'est retranchée sur le versant l'Essert/Petit-Bornand : outre des trous individuels, des emplacements d'armes automatiques (au moins quatre fusils-mitrailleurs Bren et deux mitrailleuses Hotchkiss) ont été creusés dans la neige et renforcés de rondins au-dessus du chemin de l'Essert.

  • La section Saint-Hubert, commandée par André Guy dit Chocolat, ancien chef du corps franc de Thônes, déploie ses dix-huit voltigeurs sur le versant les Plains/Entremont en trois sizaines chacune dotée d'un F.-M. Bren. En pointe sur le sentier des Plains, la troisième sizaine (avec le tireur F.-M. Jean Mathevon et son pourvoyeur André Bédet) ; au-dessous du chalet de Petit-Monthiévret, la deuxième sizaine (avec le chef de groupe Roger Cerri, le tireur F.-M. Albert Robin et son pourvoyeur André Fédieu) ; en réserve au-dessus du chalet, avancée ensuite vers le haut de l'alpage, la première sizaine (avec le chef André Guy, son adjoint Louis Vignol et le tireur F.-M. Jacquart dont la présence à Monthiévret est attestée par le procès-verbal d'interrogatoire d'Henri Duchêne lors de son arrestation *1).

    3e SIZAINE 2e SIZAINE 1ère SIZAINE
    Jean Mathevon (tireur F.-M.) Roger Cerri (chef de groupe) André Guy (chef de section)
    André Bédet Albert Robin (tireur F.-M.) Louis Vignol (adjoint)
    Henri Duchêne André Fédieu Jacquart (tireur F.-M.)
    Louis Ganassali André Masson Antoine Orcet
    Jean Bédet Etienne Colombet Victor Vulliez
    Maurice Pépin Pétrus Orcet Jean Lavillat



    Le samedi 25 mars 1944, l'artillerie allemande, en batterie dans la vallée du Borne, pilonne et détruit les chalets de Monthiévret. Dans son carnet de route d'avril 1944, Roger Cerri, ancien membre du corps franc de Thônes et chef de groupe à la section Saint-Hubert, écrit : [...] Le samedi 25 mars 1944, grand tir d'artillerie sur notre position de Monthiévret : les obus sifflent et éclatent un peu partout pendant plus de deux heures en dégageant une drôle d'odeur de poudre. Les chalets sont incendiés...





    Le lendemain, dimanche 26 mars, le commandement allemand lance deux Züge (sections) à l'attaque afin de tâter le dispositif de défense adverse aux deux extrémités du versant est, le plus accessible du plateau. Les documents allemands sur cet engagement font défaut. Néanmoins, un télégramme capital, que le chef régional de la police de sécurité (Sipo-SD de Lyon), le lieutenant-colonel SS (SS-Obersturmbannführer) Knab, adresse à ses supérieurs le 28 mars à une heure quarante-cinq du matin, montre bien que l'attaque générale, initialement prévue pour le 28 mars, est déclenchée prématurément le 27 et non le 26 où une seule section d'assaut est envoyée en reconnaissance offensive contre la position de Monthiévret : Ainsi qu'il a déjà été signalé, l'opération a démarré aujourd'hui (en réalité le 27 mars, le télégramme ayant été libellé le 28 peu après minuit) prématurément. [...] Le démarrage prématuré a eu lieu, ainsi qu'il a été constaté lors d'un entretien personnel avec le général Pflaum (commandant la 157e division), à la suite d'une décision du colonel Schwehr, commandant un régiment, sans que celui-ci en ait référé au général Pflaum et sans que la Milice en ait été avertie. Les bataillons étaient déjà en route depuis deux heures au moment où la Sipo-SD en a été informée. Le colonel Schwehr a été amené à prendre cette décision lorsqu'il a été en possession de renseignements sûrs disant que les terroristes avaient reçu l'ordre de quitter le plateau isolément. [...] Il ressort des dépositions des terroristes faits prisonniers qu'en raison du feu d'artillerie du 26 mars et de l'attaque d'une section d'assaut allemande le même jour, [les chefs de] ceux-ci étaient d'avis que l'attaque générale était déclenchée et avaient donné l'ordre de décrocher dans la nuit du 26 au 27 [...].



    Composition d'une section de combat allemande en 1944


    Chaque section de combat était composée de quatre ou cinq groupes d'une dizaine d'hommes : trois ou quatre d'assaut articulés autour d'un fusil-mitrailleur leMG 34 ou 42 (voir les principales caractéristiques des armes légères) et un de commandement et d'appui avec un mortier léger de 50 mm leGrW 36.

    UN GROUPE DE COMMANDEMENT ET D'APPUI :
    Un officier chef de section (un pistolet) Un sous-officier adjoint (un pistolet-mitrailleur) Trois agents de liaison (trois fusils)
    Un infirmier (un pistolet) Un agent ravitailleur (un fusil) Un cheval et une charrette de transport
    Un caporal chef de pièce (un fusil) Deux servants de pièce (deux pistolets) Un mortier léger de 50 mm
    TROIS OU QUATRE GROUPES D'ASSAUT :
    Un sous-officier chef de groupe (un pistolet-mitrailleur)
    Un caporal et cinq fusiliers-grenadiers (six fusils) Deux servants de pièce (deux pistolets) Un fusil-mitrailleur Un agent ravitailleur (un fusil) Un mulet ravitailleur



    En début de matinée au Lavouillon, la première Zug est repoussée par la section Liberté chérie bien retranchée dans les rochers ; en fin d'après-midi à Monthiévret, la seconde Zug (environ cinquante hommes avec quatre fusils-mitrailleurs MG 34 ou 42 et un lance-grenades de 50 mm) parvient à surprendre la section Saint-Hubert de flanc. Roger Cerri écrit : Vers cinq heures du soir, des coups de feu éclatent derrière nous ; l'alerte est donnée ; on ne voit rien ; un copain part en éclaireur (1 sur le croquis ci-dessous) et nous prévient qu'un nombre imposant de Boches nous ont pris à revers (2). La situation est critique : sur le grand alpage de Monthiévret, on est seulement dix-huit éparpillés en petits groupes (3, 4, 5). Les Boches, dissimulés par les arbres, avancent sans bruit. Brusquement, ils font leur apparition : les armes automatiques crépitent et les grenades explosent partout... Plusieurs camarades sont touchés. Plus de nouvelles de la première sizaine qui est avancée (5)... Les Boches projettent des grenades depuis la barre rocheuse située en arrière (6) ; la position devient intenable... L'ordre de décrochage est donné. A six, on se replie dans les rochers (7) ; une grotte nous sert d'abri (voir le récit inédit de Roger Cerri).





    Les témoignages des autres maquisards sur ce combat décisif (puisqu'il a décidé le capitaine Anjot à donner l'ordre d'exfiltration du bataillon des Glières) sont confus, souvent exagérés, parfois contradictoires. En ce qui concerne l'heure du début de l'attaque, les estimations divergent amplement, mais l'historien Alain Dalotel, qui s'attarde sur le sujet *2, penche finalement pour seize heures trente (voir le tableau ci-dessous). Pour ce qui est de l'importance de l'unité allemande impliquée, le télégramme du lieutenant-colonel SS (SS-Obersturmbannführer) Knab, chef régional de la police de sécurité (Sipo-SD de Lyon), mentionne expressément une section d'assaut, ce qui s'avère d'autant plus plausible pour une simple mission de reconnaissance, même offensive, que, le lendemain, lors de l'attaque du col de Spée, le commandement allemand n'engage, d'après le journal de marche de la compagnie concernée, que deux sections *3. Quant à la forme de l'attaque, les Allemands, qui ont eu tout le loisir d'étudier les photos aériennes du plateau, d'observer le secteur à la jumelle, qui viennent de détruire les chalets, mettent en œuvre la tactique qu'ils considèrent comme la plus efficace dans ce cas de figure, à savoir Flankenangriff ou attaque du flanc : lancée à partir de la marche d'approche, elle tente de surprendre l'ennemi et de ne pas lui laisser le temps de réagir ; exigeant rapidité et dissimulation, cette manœuvre a davantage de chances de succès quand elle est déclenchée à distance et ne peut être exécutée à proximité de l'ennemi que de nuit ou sur un terrain exceptionnellement propice comme l'est celui de Monthiévret où les bois des Déroberts montent assez haut (voir la tactique de l'infanterie allemande dans l'attaque). Etienne Colombet, le cuistot de la section Saint-Hubert, confirme ce mouvement tournant dans une lettre à Alain Dalotel (voir le tableau ci-dessous) : Les Allemands [...] sont montés au plateau par des endroits presque infranchissables beaucoup plus à droite que où on était en place. Nous n'avons rien entendu, ni vu. Ils sont arrivés en dessus de nos positions et là, à bout portant, firent feu sur nous.

    Parvenus silencieusement à la barre rocheuse qui surplombe l'alpage, les chasseurs de montagne allemands aperçoivent le poste F.-M. de Jacquart. Selon toute vraisemblance, ils cherchent à le contourner, mais ne peuvent le laisser derrière eux, car, comme le précise le règlement de l'infanterie allemande, l'objectif qui doit être combattu en premier lieu est celui qui gêne le plus l'accomplissement de la mission *4. Qui tire le premier ? Est-ce Jacquart qui a peut-être repéré des soldats ennemis se faufilant dans les bois devant lui ? Sont-ce les Allemands déjà derrière lui ? En tout cas, Jacquart est tué de plusieurs balles dans les reins comme l'atteste son cadavre examiné le 5 avril 1944 par les gendarmes *5.

    Après avoir progressé à couvert, les Gebirgsjäger ouvrent le feu de toutes leurs armes en vue de neutraliser les voltigeurs de la section Saint-Hubert éparpillés dans la position du tireur couché en contrebas. D'après les témoignages les plus crédibles, des moments d'accalmie succèdent à des périodes de tir intense. Les Allemands mettent probablement leur mortier léger de section (14 kg, portée de 500 m) en batterie, ce qui explique qu'ils puissent atteindre le pâturage depuis un endroit distant d'où, pour Alain Dalotel, il est peu vraisemblable qu'on ait pu tirer *6.

    Comme le souligne Roger Cerri, la position devient vite intenable. Le chef André Guy étant allé, avec Antoine Orcet, chercher du renfort auprès de la section Jean-Carrier au-delà de la croupe enneigée *7, c'est sans doute son adjoint Louis Vignol (fusillé le 15 juin) qui ordonne le décrochage. Le chef de groupe Roger Cerri, André Bédet, Etienne Colombet, Louis Ganassali, André Masson, Jean Mathevon et Pétrus Orcet se réfugient dans une grotte et, le lendemain, parviennent à franchir les lignes ennemies dans la vallée du Borne. Jean Lavillat, Antoine Orcet, Maurice Pépin (tué le 20 mai), Louis Vignol et Victor Vulliez décrochent avec succès dans la même direction. Seuls Henri Duchêne, André Fédieu et Albert Robin peuvent se replier sur le plateau où se trouve déjà Jean Bédet envoyé au P.C..

    A partir de la section Jean-Carrier bien retranchée, le sous-lieutenant Baratier et Jean Pionet, André Guy et Antoine Orcet, André Gaillard et Paul Lespine avec un F.-M. forment une sizaine d'assaut et se lancent à la contre-attaque. Au-dessus du hameau de Monthiévret, sous les rochers, ils sont arrêtés par une fusillade : Paul Lespine est gravement blessé à la cuisse gauche ; André Guy riposte immédiatement à coups de fusil, mais il est mortellement touché par plusieurs balles au côté droit *8. Le F.-M. servi par André Gaillard s'étant enrayé, Baratier, selon ses dires dans une lettre à Gaillard, s'empare du fusil de Jean Pionet et tire pendant un quart d'heure, puis appelle les survivants pour les regrouper. Comme personne ne répond, le sous-lieutenant, isolé, ne pouvant rejoindre la section Jean-Carrier, prend le parti de descendre dans la vallée et réussit à gagner la cure de l'abbé Truffy au Petit-Bornand *9.

    A Monthiévret, son adjoint, Fernand Guillemenet, prend le commandement. Se sentant sur le point d'être également tourné, il fait appel, par agent de liaison, à la section espagnole en réserve la plus proche, mais celle-ci a reçu l'ordre de ne pas bouger afin de conserver l'avantage de la position haute. Il se résout alors à décrocher à son tour. Pressés par les chasseurs de montagne allemands qui menacent de les envelopper, les hommes de la section Jean-Carrier démontent les mitrailleuses et emportent armes et munitions. Restant à l'arrière-garde avec un tireur F.-M. pour couvrir le repli, Fernand Guillemenet n'a pas marché plus de deux ou trois cents mètres dans la nuit noire et la neige profonde qu'une fusillade nourrie et des cris de guerre lui signalent que la position de Monthiévret vient d'être investie *10.

    *1 Institut d'histoire du temps présent, 72 AJ 189.
    *2 Alain DALOTEL, Le maquis des Glières, page 196 (voir bibliographie).
    *3 Michel GERMAIN, Glières, mars 1944, page 219 (voir bibliographie).
    *4 Yves BARDE, Glières 1944, page 138 (voir bibliographie).
    *5 Michel GERMAIN, op. cit., page 270.
    *6 Alain DALOTEL, op. cit., page 236.
    *7 Ibid., page 199.
    *8 Michel GERMAIN, op. cit., page 178.
    *9 Alain DALOTEL, op. cit., page 203.
    *10 Ibid., pages 204 à 206.



    Le combat de Monthiévret vu par Michel Germain et Alain Dalotel


    Le combat de Monthiévret vu par Michel Germain dans Glières, mars 1944 (1994).
    (C'est moi, A.C., qui souligne en caractères gras.)
    Le combat de Monthiévret vu par Alain Dalotel dans Le maquis des Glières (1992).
    (C'est moi, A.C., qui souligne en caractères gras.)
    Page 175, 1ère colonne :
    La position est dominante. On voit arriver l'ennemi de loin [...].
    Page 192 :
    Les Allemands ont peut-être choisi Monthiévret parce que, lorsqu'on y est [...], la visibilité n'est pas parfaite, on est gêné par les bois et par une barre rocheuse. Cela permet à un assaillant une première progression à l'abri des regards.
    Page 175, 1ère colonne :
    Il est quinze heures, environ.
    Page 196 :
    Entre 15 heures, 16 heures et 16 h 30, que choisir ? Je pencherais plutôt pour cette dernière, même si les témoignages des combattants de Monthiévret sont confus.
    Page 205 :
    Robert Halgrain, tireur au FM [...] : L'attaque s'est déclenchée à la chute du jour sur le côté du plateau situé vers Entremont.
    Page 175, 1ère colonne :
    Tout à coup, quelqu'un crie : Les Allemands ! Le F.M. envoyé par Chocolat (page 174 : juste sous la barre rocheuse du haut) a juste le temps de se mettre en batterie. Une rafale crépite. Les premiers Allemands sont reçus par cet avant-poste, au plus bas de la pente.
    Page 367, note 23 (Dechamboux) :
    [...] les chasseurs bavarois sont passés par des endroits où pas un des chasseurs [français] n'était passé. Ils nous sont tombés dessus par-derrière.
    Page 201 :
    Dans son témoignage, René Desgranges confirme : La fusillade a commencé dessus et surtout plus à droite. C'était la Saint-Hubert. Oui, là, ça tirait. Mais ça été l'espace de pas longtemps. Plus court que deux heures. Il me semblait que les Allemands avaient déjà passé par-dessus, par-derrière. Oui c'est sûr. On ne les a pas aperçus mais on s'est rendu compte et on a entendu qu'on était contournés. L'autre groupe (la section Saint-Hubert, NdA) s'est fait coincer comme ça.
    Page 204 :
    Etienne Colombet (page 196 : qui fait partie de la section Saint-Hubert) me décrit lui aussi un mouvement tournant dans sa lettre : Les Allemands [...] sont montés au plateau par des endroits presque infranchissables beaucoup plus à droite que où on était en place. Nous n'avons rien entendu, ni vu. Ils sont arrivés en dessus de nos positions et là, à bout portant, firent feu sur nous.
    Page 175, 1ère colonne :
    Lorsque les premiers soldats ennemis arrivent à portée des postes, Chocolat donne l'ordre d'attaquer. A ce moment, un feu nourri se déclenche sur l'assaillant. Les dix-huit gars font face à une très grosse compagnie, cent cinquante hommes environ. [...] Chocolat lance ses grenades à deux mains, en les dégoupillant avec les dents (sic). La première vague d'assaut allemande se replie.
    Page 196 :
    [...] sur le terrain, les maquisards se sont surtout sentis impuissants face à l'organisation de leurs ennemis.
    Page 198 :
    André Masson confirme l'efficacité de ces hommes [...] qui les ont coincés par-dessus.
    Page 175, 1ère colonne :
    Les Espagnols, cantonnés sur l'autre versant, entendent le fracas des armes. Lucien Midonnet [...] vient leur demander de l'aide. [...] [Ils] vont épuiser leurs grenades à fusil sur l'assaillant. (Le tromblon V.B. lance-grenades avait une portée maximale de 180 mètres, N.D.L.R.)
    Page 204 :
    [...] Guillemenet [...] ne parvient pas à s'entendre avec la section espagnole placée en retrait : Je fais appel au capitaine espagnol [...]. Il ne répond pas à mon appel.
    Page 178, 1ère colonne :
    Pendant cette attaque, André Gaillard, qui s'est dirigé vers Saint-Hubert, constate que les Allemands progressent en direction du puits et sont en train de couper la compagnie en deux. Il vide quatre chargeurs, lorsque Serge Aubert arrive avec un sac de munitions [...]. Les deux hommes font un feu d'enfer et les Allemands finissent par disparaître.
    Page 203 :
    Le 5 janvier 1945 Baratier (le sous-lieutenant commandant la position de Monthiévret, N.D.L.R.) a [...] écrit une lettre à Gaillard : [...] Vous souvenez-vous que votre FM ne marchait pas et que moi-même, ayant emprunté le fusil [du Belge], j'ai été le seul à tirer pendant un quart d'heure et, chose beaucoup plus importante, vous souvenez-vous que j'ai appelé tous les hommes par leur nom et que personne n'a répondu ?
    Page 178, 2e colonne :
    Les autres gars de la section de Chocolat, quasiment encerclés, se battent comme des diables. La première sizaine est anéantie. Jacquart [...] agonise à son poste de mitrailleur. D'autres gars, anonymes, sont gravement atteints. Beaucoup sont blessés, comme Louis Ganassali, touché au mollet.
    Page 237 :
    En fait, j'ai découvert, en 1990, que la majorité des hommes de la section Saint-Hubert avaient survécu à l'assaut du 26 mars (seuls Chocolat et Jacquart ont été tués, et personne n'a été grièvement blessé dans la section Saint-Hubert, N.D.L.R.).




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